Le , par Julien Wilhelm - Écoconception
Temps de lecture estimé : 6 minutes.
Plutôt RGESN ou PWE ?
Pour faire progresser la prise en compte des enjeux environnementaux des services numériques de nos clients, Temesis propose depuis la création de son pôle dédié à l’écoconception de travailler autour de deux référentiels : RGESN et PWE.
Le premier vous sera peut-être familier, car soutenu et publié par l’État français. Le second vous apparaîtra à l’inverse sans doute inconnu, et c’est tout à fait normal puisqu’il s’agit d’un référentiel interne à notre société.
Et si nous évoquons toujours ouvertement ces ressources — pour nourrir la spécialité auprès de nos pairs ou cadrer le périmètre de notre accompagnement auprès de nos clients —, il semble utile de rappeler qu’ils sont compatibles (l’un ne dit pas le contraire de l’autre), complémentaires (ils ne se répètent pas outre mesure) et peuvent constituer un formidable tremplin en matière d’écoconception.
Je vous en dis un peu plus ?
Nos principaux référentiels pour l’écoconception
Si vous avez manqué notre « P’tit Déj Écoconception numérique » du 6 novembre 2025, prenez un instant pour prendre connaissance des principales caractéristiques que nous avions communiquées à l’époque au sujet de ces deux référentiels.
Référentiel général de l’écoconception des services numériques (RGESN)
- Version : v.1 2024
- Nombre de critères : 78
- Nombre de familles : 9
- Stratégie
- Spécification
- Architecture
- UX/UI
- Contenus
- Frontend
- Backend
- Hébergement
- Algorithmie
- Périmètre : Démarche d’écoconception
- Objectif : Piloter / évaluer la démarche d’écoconception d’un service numérique
- Piloté par la DINUM / Ademe / MTE (2021), repris par l’ARCEP (depuis 2024)
Pour en savoir plus sur l’audit RGESN : https://www.temesis.com/expertises/ecoconception/audit/audit-rgesn-service-numerique/.
Référentiel de performance web environnementale (PWE)
- Version : 5.2.0
- Nombre de critères : 88
- Nombre de familles : 12
- Serveur
- HTML
- CSS
- JavaScript
- Fontes
- Documents
- Images
- Audios
- Vidéos
- Animations
- Édito
- Navigateur
- Périmètre : Réalisation technique
- Objectif : Améliorer la performance web environnementale d’un service numérique à travers la correction de dysfonctionnements pouvant mener à un gaspillage des ressources
- Créé et maintenu par Temesis depuis 2022
Pour en savoir plus sur l’analyse PWE : https://www.temesis.com/expertises/ecoconception/audit/analyse-performance-web-environnementale/.
Deux référentiels… Deux objectifs ?
En observant le périmètre respectif de ces deux référentiels, il devrait vous apparaître évident qu’ils ne partagent pas la même finalité.
- Le RGESN permet d’évaluer l’ensemble de la démarche d’écoconception (le pourquoi et le comment).
- Le référentiel PWE traite exclusivement des considérations techniques (et éditoriales, mais ça, vous ne pouviez pas le deviner).
Fort de ce constat, il est légitime de s’interroger :
- Lequel choisir pour réduire les impacts de son projet ?
À cette dernière question, on pourrait répondre les deux — et ce serait la vérité. Mais tant qu’à faire, argumentons un peu.
Plutôt PWE ?
L’objectif de notre référentiel PWE n’a jamais été — et ne sera jamais — de concurrencer le RGESN. Celui-ci intervient, comme il est rappelé plus haut, sur un périmètre plus restreint. Il vise à étoffer, à préciser les bonnes pratiques de développement web pour contenir au mieux les impacts à l’usage d’une solution qui va polluer dans tous les cas. Une profondeur technique qui manque au RGESN.
Ainsi, on peut être très bon en PWE, sans être engagé dans une démarche d’écoconception avec le RGESN. Et inversement, bien sûr : on peut valider le sérieux de sa démarche avec le RGESN sans pour autant exceller en PWE (voire même, en étant médiocre).
À choisir, mieux vaut s’engager sur l’ensemble du cycle de vie (RGESN) et trébucher — un peu — sur la réalisation (PWE). Il reste en effet préférable d’encourager des services numériques utiles, utilisables et utilisés, mais perfectibles, plutôt que de services numériques certes optimisés, mais dépourvus de valeur pour le vivant.
Le terme complémentarité a cependant été lâché en introduction.
Et c’est à dessein.
Plutôt RGESN ?
Avant de bouder notre référentiel PWE pour sa portée réduite, voici maintenant trois griefs récurrents à l’encontre du RGESN pour rééquilibrer la balance :
- Ce qui est attendu pour rechercher la conformité n’est pas toujours clairement exprimé.
- Ou alors, cela est sujet à de nombreuses interprétations.
- Et il faut souvent agir sur plusieurs tableaux à la fois.
Autant d’écueils que nous avons veillé à éviter dans notre référentiel PWE en scindant nos critères plutôt que de les fusionner lorsque cela était pertinent ou encore en définissant des seuils vérifiables.
Ne vous méprenez pas : le but n’est pas de vous détourner du RGESN en soulignant ses défauts. L’intention ici est plutôt de rappeler sa complexité, actuelle et avérée.
Chez Temesis, nous avons désormais assez de recul pour pouvoir l’affirmer : pour triompher du RGESN, il faut avoir du temps, de l’ambition et, surtout, se faire accompagner pour y voir clair. Et si vous doutez de notre bonne foi (il n’y a pas de mal), vous pouvez lire ce témoignage de la DILA qui va en ce sens : Une démarche d’écoconception pour les grands sites web du service public.
RGESN ou PWE : et si tous les chemins menaient à l’écoconception ?
Au fond : RGESN et PWE ayant leurs propres forces, faiblesses et finalités, pourquoi choisir ? Parce que tout le monde ne part pas du même point ou n’avance pas au même rythme, tout simplement.
Si l’on résume :
- Le RGESN vous permet de piloter ou faire valider votre démarche d’écoconception. Par contre, vous l’approprier vous demandera un investissement non négligeable au-delà même des efforts requis pour la validation des critères.
- Le référentiel PWE vous permet d’aller bien plus loin sur la technique. En dehors de ce périmètre, il ne garantit cependant pas pour autant que vous ayez fait les bons choix, notamment sur tout ce qui touche à l’orientation du produit.
Parce qu’il est facile à aborder et aussi opérationnel que possible, notre référentiel PWE est une porte d’entrée idéale à l’écoconception.
- Vous débutez totalement ? Il permet d’entrer dans le vif du sujet sans tout déconstruire de votre stratégie et d’apprendre vite à faire mieux avec moins (par exemple, en nous confiant un état des lieux de l’existant).
- Vous vous pensez au contraire déjà mature ? Faire valider l’excellence technique de votre service numérique peut alors vous apporter une forme de consécration.
Et le RGESN, alors ?
J’y viens. Et vous aussi, certainement !
Autant notre référentiel PWE est parfait pour agir à l’instant T, autant le RGESN est nécessaire pour agir dans la durée, et plus en profondeur. Ce n’est pas pour rien que l’on parle d’amélioration continue dans une démarche d’écoconception. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. C’est un travail de longue haleine et il faut savoir — et oser — se poser les bonnes questions au bon moment.
Au risque de me répéter : « il reste en effet préférable d’encourager des services numériques utiles, utilisables et utilisés, mais perfectibles, plutôt que de services numériques certes optimisés, mais dépourvus de valeur pour le vivant. »
Comprenez par là que la technique, c’est un bon début, c’est confortable, mais tôt ou tard, vous aurez peut-être (nous l’espérons) l’envie d’aller plus loin.
Et, pourquoi pas, à nos côtés.