Bilan numérique responsable : les sites des candidats à la présidentielle 2022

Le , par Sofia Cissoko - Accessibilité, Écoconception, RGPD.

Contexte 

Aujourd’hui, il devient difficile, voire impossible de passer à côté du numérique responsable :

  • Le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a publié le 4 avril un rapport appelant à des mesures immédiates et dans tous les secteurs pour garantir un avenir vivable . Le numérique n’est pas épargné et la sobriété numérique fait plus que jamais sens ;
  • Julie Moynat a démontré dans une étude que seul 0,8 % des 250 démarches en ligne les plus utilisées par les citoyens peuvent se targuer d’être accessibles aux personnes handicapées ;
  • 2021 fut une année record pour l’action répressive de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) avec 18 sanctions, 135 mises en demeure et plus de 214 millions d’euros d’amendes. 

Nous avons donc évalué les sites internet des candidats à l’élection présidentielle de 2022 sous cette même thématique : accessibilité numérique (RGAA), écoconception (RGESN) et protection des données personnelles (RGPD).

Au sein de ces trois sujets, les résultats obtenus n’ont pas été à la hauteur de l’évènement :

  • En accessibilité numérique les notes des candidats étaient inférieures à 5/10 ;
  • En écoconception numérique, seuls deux candidats transfèrent moins de 2 Mo (moyenne mondiale) en page d’accueil ;
  • En protection des données personnelles, aucun site ne respecte pleinement ses obligations RGPD.

Afin de garantir une démarche du numérique responsable, voici ci-dessous les retours de nos experts ainsi que notre conclusion de cette étude qui a nécessitée le travail collaboratif de 7 personnes chez Temesis. 

Les retours de nos experts

Accessibilité numérique

L’avis de nos experts : Eric Gateau et Olivier Keul

“Nous constatons que l’accessibilité numérique n’a pas été prise en compte sur les sites des candidats. Ce n’est pas une question de budget, de complexité technique ou de planning mais bien un manque de volonté et d’anticipation. Un manque de considération pour les personnes handicapées qui devront redoubler d’efforts pour accéder à l’information et contourner cette discrimination”.

Écoconception

L’avis de nos experts : Christophe Clouzeau et Julien Whilelm

“Sans aller jusqu’à la conduite d’un audit de conformité RGESN (Référentiel Général d’Écoconception de Services Numériques), notre analyse de la performance web environnementale de la simple page d’accueil des sites internet des 12 candidats a démontré l’absence d’une démarche de réduction des impacts environnementaux et de même pour les pages internes. Globalement, la sobriété numérique n’est pas appliquée, très certainement par méconnaissance des équipes de conception et de développement.”

Protection des données personnelles

L’avis de notre experte : Harmonie Peynot 

“Les résultats obtenus restent clairement décevants, bien que teintés d’une pointe d’espoir. Le sujet semble identifié par la quasi-totalité des candidats et un travail a notamment été mené sur les bandeaux de cookies mais on peut regretter que beaucoup utilisent encore des services américains malgré les alertes de la CNIL et le droit à l’information reste encore trop partiel.”

Conclusion

Globalement, les sites des candidats à l’élection présidentielle de 2022 ont montré une méconnaissance du sujet du numérique responsable. 

Afin de palier à cette méconnaissance, il y a trois axes permettant d’améliorer la situation :

  1. La formation, qui permet une montée en compétences des équipes avec des sessions spécifiques par métier et des récurrences ;
  2. L’accompagnement : l’experte ou l’expert travaille au sein des équipes à la définition d’une stratégie globale et d’objectifs précis. Il aide également à la prise en compte de ces sujets à toutes les étapes des projets en conseillant les équipes et en vérifiant les livrables du projets de manière itérative (conception, spécifications, code, contenu, etc). 
  3. L’audit, durant lequel on analyse un échantillon des pages à un instant précis dans le cycle de vie du projet. 

En fonction des contextes projets tout ou partie de ces solutions auraient dû être mises en œuvre par les personnes en charge de la production des sites des candidats.

Cette étude a eu quelques échos dans la presse : 

On peut espérer que cela contribue à sensibiliser un peu plus la classe politique sur la nécessité de prendre en compte ces sujets. En espérant voir des améliorations dans cinq ans cette fois. En attendant, si vous aussi vous voulez progresser sur la prise en compte de ces problématiques sur vos services numériques vous pouvez consulter nos expertises pour vous accompagner dans cette démarche.