Auteur(s) : Elie Sloïm
Publié le : 9-1-2006
Résumé : Le livre CSS2 : pratique du design web est paru en 2005. Son auteur, Raphaël Goetter, fondateur du site alsacréations, a demandé à Elie Sloïm, fondateur de Temesis d'en écrire la préface. Comme vous pourrez le vérifer dans cette préface, Temesis vous recommande fortement d'acheter ce livre.
Les dernières nouvelles de la société, notre analyse de certains événements ou articles sur la qualité, la conformité ou l'accessibilité :
Confier à un spécialiste de la qualité web le soin de préfacer un ouvrage sur
l’utilisation conjointe de technologies comme HTML et CSS ?
Quelle drôle
d’idée !
Auraient-elles un impact quelconque sur la qualité des sites web ? Au-delà de leur aspect pratique et moderne, permettraient-elles de travailler mieux et plus vite ? Auraient-elles des effets positifs sur la qualité de service délivrée aux utilisateurs ? Vous l’aurez deviné : j’en suis intimement persuadé, et je vais m’efforcer de vous expliquer pourquoi.
Bien qu’étant de plus en plus souvent amené à travailler directement sur le code des sites web, je ne suis pas à proprement parler un développeur. Comme une immense majorité des concepteurs de sites web, je ne suis qu’un amateur qui a commencé sur Internet en mettant en place des sites personnels ou de toutes petites entreprises. De fait, la phase de découverte du média a été menée par un nombre immense d’amateurs, sur des outils peu standardisés, pour créer des sites peu professionnels, consultés avec des navigateurs qui faisaient finalement un peu ce qu’ils voulaient du code qui leur était proposé. C’est dans ce contexte que nous avons tous appris à coder, et en ce qui me concerne, c’est dans ce contexte que je me suis posé les premières questions sur la qualité des sites web.
Pendant deux à trois ans, j’ai ainsi travaillé avec un certain nombre de collègues et d’étudiants sur les critères de qualité des sites web. Nous avons très rapidement pu nous pencher sur les problématiques ergonomiques, sur les questions de visibilité et de référencement, sur la question de la disponibilité des sites et sur la qualité des services associés, mais pendant toute cette période, nous n’avons jamais véritablement posé les questions fondamentales : comment développer des sites de manière standard ? Comment améliorer l’interopérabilité des sites web ? Comment rendre la maintenance d’un site facile et rapide ? Comment rendre les sites accessibles à tous et pour toutes les plates-formes ?
C’est bien dans la réponse à ces questions que résident les enjeux majeurs du livre de Raphaël Goetter. L’interopérabilité, la qualité, l’accessibilité, la conformité font à l’évidence partie des critères fondamentaux de la qualité d’un site web. Ces notions font la différence entre un site efficace pour ses utilisateurs et un site qui fonctionne de manière efficiente et légère, tant pour ses utilisateurs que pour ses administrateurs.
Lorsque j’ai découvert ce domaine de compétences, c’est l’ensemble de ma vision de la qualité d’un site web qui a été bouleversée. Avec des technologies reposant sur l’utilisation la plus large possible des feuilles de styles CSS, il devenait possible de développer des sites multi-plates-formes, accessibles, rapides et faciles à modifier et à maintenir, dynamiques, qui s’adaptent au matériel, aux compétences et aux capacités de leurs utilisateurs, enfin bref, des outils efficaces pour créer des sites modernes.
Autrement dit, et par opposition à la période de développement des sites amateurs que j’évoquais ci-dessus, les technologies HTML, XHTML et CSS permettent de créer ce que l’on peut je crois enfin qualifier de sites de qualité professionnelle.Lorsque j’ai compris la puissance des technologies que décrit Raphaël dans cet ouvrage, je n’avais fait qu’un pas modeste, bien qu’essentiel, vers la compréhension de leur impact sur la qualité web.
Par la suite, j’ai pu me rendre compte que l’utilisation généralisée des feuilles de styles induisait des effets majeurs du point de vue de l’architecture de l’information et de l’ergonomie des sites. Elles permettent de réduire la taille des fichiers de manière quelquefois spectaculaire, diminuant ainsi la charge des serveurs, améliorant leur vitesse, accélérant le chargement des pages.
J’ai également pu constater que cette approche favorisait la réflexion sur les contenus et sur leur hiérarchisation. Pour travailler efficacement avec les feuilles de styles, il est en effet bénéfique sinon essentiel d’optimiser la valeur sémantique ainsi que la structure des contenus proposés. Ultérieurement, les feuilles de styles permettent de mettre en valeur cette sémantique. Après tout, pourquoi ne pas faire sur les sites web ce que l’on fait couramment lorsque l’on travaille sur un document texte infiniment moins complexe, en déterminant une structure de titres dont chaque niveau est présenté de manière unifiée à travers des styles globaux.
Qu’on ne s’y trompe pas : les technologies décrites et expliquées ici ne sont pas des outils miracle : j’ai d’ailleurs pu m’en rendre compte assez rapidement, lorsque j’ai souhaité les mettre en application sur mes sites professionnels. Une technologie comme CSS arrive dans un paysage complexe, dans lequel les navigateurs ne se comportent pas tous exactement comme ils le devraient, dans lequel les développeurs conservent des habitudes et des outils de création encore peu adaptés à l’utilisation de ces techniques, et pour finir, dans lequel les métiers du Web sont encore en gestation.
Comme toutes les technologies, HTML et CSS n’expriment leur plein potentiel que lorsqu’elles sont mises dans les mains de personnes qui les maîtrisent en profondeur. Acquérir cette maîtrise technique prend du temps et suppose un investissement initial. Mais le temps que vous investirez dans ces technologies, à commencer par celui que vous consacrerez à la lecture de cet ouvrage, constitue à coup sûr un investissement utile et durable si vous voulez faire du développement de sites web une activité véritablement efficiente.